Non Finito
Terme italien traduit littéralement par « non terminé », le non finito constitue, dans un contexte artistique, l'esthétique de l'inachevé. Il est alors assimilé à l'impossibilité d'atteindre la perfection ou encore de reproduire la nature dans toute sa subtilité. Le non finito montrerait donc la manifestation d'une démarche volontaire de l'artiste. En quête de perfection jusqu'à la fin, Léonard de Vinci cherchait sans cesse à améliorer les techniques picturales en exploitant les effets optiques. Grâce à la transparence des fines couches de glacis, il mettait à profit la réflexion de la lumière par la couche préparatoire (qu'il colorait parfois). Cette recherche de la transparence le conduira à ajouter du verre broyé en quantité de plus en plus importante au fil des années. Des grains de verre sodique incolore contenant un peu de manganèse ont été identifiés dans la Sainte Anne et surtout dans le Saint Jean-Baptiste. Léonard de Vinci retravaillait ainsi continuellement ses tableaux, dont le nombre se limite à moins d'une vingtaine, certains d'entre eux étant restés inachevés. Il poursuivit inlassablement sa quête de la perfection, comme le prouvent les trois tableaux qu'il conserva et retravailla jusqu'à sa mort : la Joconde, la Sainte Anne et le Saint Jean-Baptiste. Mettre la science au service de l'expression artistique, tel fut l'objectif de Léonard de Vinci durant toute sa vie. Une œuvre inachevée, car le « non finito » va devenir une marque de fabrique de Léonard, qui passera des années à travailler sur le même tableau.